Dans Maman, j'ai raté l'avion, la famille McCallister souhaite se rendre à Paris pour y passer les fêtes de Noël et faire de nombreux selfies devant la tour Eiffel. Seulement voilà : Kate et Peter McCallister s’aperçoivent qu’ils n’ont malheureusement pas assez d’argent pour offrir ces vacances de rêve à tous leurs enfants. Involontairement de leur plein gré, ils s’envolent en catimini vers la France, laissant chez eux leur plus jeune mioche : Macauley McCallister. Ce dernier, loin d’être effrayé à l’idée de se retrouver tout seul, célèbre sa liberté provisoire en torturant joyeusement deux innocents truands qui tentent maladroitement de cambrioler la maison de ses parents négligents.
Fight Club, de David Fincher
Film anticapitaliste ayant généré un profit de 10 millions de dollars, Fight Club est un produit de consommation qui raconte les tribulations d’un trentenaire célibataire (Edward Norton Antivirus) : son existence horriblement normale lui file des insomnies, il abhorre son travail et il a hâte d’être assez vieux ou incompétent pour prendre sa retraite. En attendant ce jour glorieux, il tue le temps en décorant son appartement avec des meubles suédois et japonais achetés par correspondance. Pour tenter d’échapper à sa triste réalité de consommateur esseulé, il rejoint l’armée de Brad Pitt : un boxeur clandestin qui n’hésite pas à exhiber ses muscles abdominaux pour ensorceler Bellatrix Lestrange.
My Dinner with Andre, Louis Malle
Réservez une table pour deux au Café des Artistes, un restau chic situé à Manhattan. Demandez à Wallace Shawn et à Andre Gregory de s’asseoir à cette table. Faites en sorte qu’ils se mettent à parler de théâtre, de voyage dans des forêts polonaises, de la beauté du désert du Sahara, de spiritualité, de la bonne chère, des plaisirs de la chair, d’humanisme, de post-humanisme, du petit prince de Saint-Exupéry, du sens de la vie et d’autres sujets plus ou moins farfelus. Laissez mijoter le tout, pendant 111 minutes, à l’intérieur de la camera de Louis Malle, et vous obtiendrez un film succulent intitulé My Dinner with Andre.
Into the Wild, de Sean Penn
Un mec pourri gâté se prenant pour Jack Kerouac abandonne sa famille et sa jugeote afin de démarrer une carrière de SDF. Sans toit ni loi, il part à la recherche du bonheur…en Alaska ! Sa randonnée pédestre est une odyssée existentielle et sensuelle (il tombera amoureux d’une vampiresse) sponsorisée par les chaines de restauration rapide dans lesquelles il est obligé de bosser comme un chtarbé afin de pouvoir s’acheter un joli sac à dos et quelques paires de chaussures orthopédiques. Arrivé en Alaska, il se fait chier et décide, un peu trop tard, de retourner chez lui, bien au chaud, dans les bras rassurants de sa maman.
Coherence, de James Ward Byrkit
Coherence est une incohérence providentielle : un petit budget qui a accouché d’un grand film d’auteur. La beauté de cette œuvre réalisée par James Ward Byrkit, c’est la frugalité et le dépouillement de la mise en scène. Comme dans Carnage de Roman Polanski ou dans Le Prénom d'Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, on retrouve ce que j’aime le plus au monde : le huis clos cinématographique. Pendant 88 minutes, huit personnages en quête existentielle font face à une série de phénomènes plus ou moins surnaturels. Ce qui, au départ, devait être un simple diner gastronomique entre amis, se transformera peu à peu en une odyssée métaphysique.
La Vie d'Adèle : Chapitres 1 et 2, d'Abdellatif Kechiche
Envie de mater un film de cul tout en préservant votre amour-propre ? La vie d’Adèle est la solution à votre dilemme ! Cette comédie dramatique, réalisée par Abdellatif Kechiche et tirée du roman graphique de Julie Maroh, contient de longues scènes de sexe explicites et chirurgicales (simulées mais ô combien stimulantes) qui feront énormément plaisir à votre libido. Sans remords, laissez-vous séduire par le bleu des cheveux de Léa Seydoux et par le bleu des robes moulantes élégamment portées par Adèle Exarchopoulos. Que celle ou celui qui vous traite de pervers jette la première pierre aux membres du jury ayant attribué la Palme d’or à ce film.
The Dark Knight : Le Chevalier noir, de Christopher Nolan
Après Batman Begins, le navet soporifique qui vous a fait pioncer comme DiCaprio dans Inception, découvrez le second opus de la trilogie à l’origine de la canonisation de Saint Christopher Nolan. Dans ce chef d’œuvre cinématographique, nous apprenons que Batman (le chevalier black, interprété par Christian Bale qui n’est pas black) souffre d’une terrible infection streptococcique de la gorge. Un malheur n’arrivant jamais seul, son meilleur ennemi (Le Joker) lui vole la vedette et obtient l’Oscar du meilleur second rôle masculin. Pendant ce temps, Jim Gordon doit affronter la désastreuse performance de Maggie Gyllenhaal. Une performance qui fera perdre la tête et la face au procureur Harvey Dent.
Le Rayon Vert, d'Éric Rohmer
Le Rayon Vert d’Éric Rohmer, à ne pas confondre avec le Soleil vert de Richard Fleischer ou le rayon Delta de Cobra, est un film nous invitant à passer des vacances affligeantes avec Delphine : une célibataire préférant les tourments de la solitude aux boniments des amants d’un soir. On ne sait pas grand-chose sur le passé de Delphine, mais une chose est certaine : c’est une râleuse professionnelle. Elle n’aime pas les plages de Saint-Jean-de-Luz, elle déteste l’air de Paris, elle hait les moutons irlandais et les coureurs de jupons lui donnent la nausée. La trentaine bien entamée, elle attend encore son prince charmant. C’est trop mignon.
Interstellar, de Christoper Nolan
Alors que le monde entier n’a toujours pas réussi à déchiffrer l’intrigue de son film précédent, Christopher Nolan (le réalisateur préféré des chauves-souris) est de retour avec Interstellar : une odyssée sidérale et sidérante qui vous fera découvrir une sublime constellation de trous noirs scénaristiques. L’histoire se déroule dans un futur où tout est en train de partir en couille : l’Humanité est sur le point de mordre la poussière, le maïs est désormais le seul aliment comestible, le baseball est redevenu un sport populaire, les filles s’appellent Murphy et la survie de l’espèce humaine est entre les mains d’un agriculteur au bord de la crise de nerfs.
The Man fron Nowhere, de Lee Jeong-beom
The Man from Nowhere est un thriller sud-coréen doté d’un scenario dédaléen. En 119 minutes, le réalisateur Lee Jeong-beom nous fait déguster les ingrédients du labyrinthe vespéral de Séoul : entourloupes, réification, overdoses, trafic d’organes, exécutions torrentielles et tout le fiel qui compose le miel des criminels. Loin d’être sordide, cette plongée dans l’horreur humaine est avant tout l’histoire d’une amitié improbable et adorable entre un homme solitaire qui a tout perdu et une enfant volontaire perdue dans le monde corrompu des adultes. Bien évidemment, cela fait penser à Léon de Luc Besson et à l’attrape-cœurs de Salinger : deux œuvres stupéfiantes qui rivalisent de fantaisie et d’espièglerie.
King Kong
Aujourd’hui, au lieu de m’atteler à faire quelque chose de productif de ma vie, j’ai décidé de passer la journée à regarder les trois versions du film King Kong : la version de 1933 réalisée par Merian C. Cooper et Ernest Beaumont Schoedsack, la version de 1976 réalisée par John Guillermin et enfin, la version de 2005 réalisée par le truculent Peter Jackson. Je suis génétiquement très lent à la détente. Mais après avoir revu ces trois œuvres philosophiques, j'ai enfin fini par piger la morale ontologique de l'histoire de King Kong : pour être heureux ici-bas, il vaut mieux éviter d’aller danser au-dessus de l'Empire State Building.
Drive, de Nicolas Winding Refn
Drive est l’album préféré des chauffards et la première vidéo
musicale à remporter le prix de la mise en scène au festival de Cannes.
Ce clip de Nicolas Refn (un cinéaste danois qui ne s’appelle pas Lars
von Trier) dévoile l’horreur existentielle d’un cyclothymique anonyme
qui trompe son épouse (une Chevrolet Malibu) à cause de la musique pop
des années 80. En effet, chaque fois qu’il écoute la chanson Under Your Spell,
du groupe Desire, il est saisi d’un désir irrépressible de porter une
veste en satin avec un scorpion d'or brodé dans le dos et de se rendre
dans un ascenseur pour flirter avec des mères célibataires.
Trainspotting, de Danny Boyle
« On occupe nos vies avec de la merde, comme les carrières et les
relations, pour nous faire croire que tout n’est pas totalement inutile
». Cette pensée lapidaire de Mark Renton, anti-héros héroïnomane et
personnage complètement déjanté interprété par Ewan McGregor dans Trainspotting de Danny Boyle, est un écho au fameux « Why So Serious » du Joker dans le film The Dark Knight : Le Chevalier noir (ou le chevalier de couleur
pour rester politiquement correct). En effet, pourquoi se prendre au sérieux quand l’espèce humaine est en voie de disparition et sur le point d’être supplantée par une nouvelle tribu composée de branleurs décomplexés ?
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